1Ancienne Douane : un symbole de changement
Lors du Triennat Libéral (1820-1823), l’une des premières douanes d’État du Pays Basque fut installée dans une maison de cette zone, symbolisant les prémices de l’État libéral. Cependant, cette tentative de modernisation fut avortée par la restauration absolutiste de Ferdinand VII. À l’origine de cette initiative se trouvait le général Gabriel de Mendizábal, éminent stratège né à Bergara et acteur clé des guerres napoléoniennes. Sa maîtrise de la tactique du carré d’infanterie, démontrée lors de la bataille d’Alba de Tormes (1809), annonçait déjà la stratégie qui mènerait à la défaite définitive de Napoléon à Waterloo (1815).
2Maison Asuenekoa : héritage d’une lignée noble et maritime
La tour d’origine de la lignée des Asu conserve encore des traces de son passé médiéval, reflétant le caractère des anciennes demeures nobles. Parmi ses éléments les plus remarquables, on trouve les étroites meurtrières, les corbeaux en pierre qui soutenaient autrefois des galeries ou des balcons en bois, ainsi que les solides arcs en claveaux.
Au XVIIe siècle, cette maison fut le foyer de Pedro de Echave Asu, une figure clé du commerce maritime international. Grâce à ses liens familiaux, il devint l’agent à Séville de son oncle Juan Ramus de Asu, influent chevalier de Lima. Il hérita également des affaires prospères des Echave, actifs depuis le XVIe siècle dans la construction navale, les expéditions vers Terre-Neuve et le commerce avec les Indes.
Pedro de Echave Asu est également connu pour avoir honoré la mémoire de son illustre ancêtre, Juan Sebastián Elcano. En 1671, il finança la plaque commémorative en hommage au grand navigateur, toujours visible au pied de la porte principale de l’église San Salvador.
3Maison des Basurto : un héritage de marchands et de navigateurs
Sur ce terrain s’élevait autrefois la maison des Basurto, l’une des familles les plus influentes de Getaria dans le commerce et la navigation. Au début du XVIe siècle, elle joua un rôle clé dans la modernisation de la pêche en introduisant de nouveaux filets traînants et des madragues, tout en investissant dans l’industrie du salage et, dès 1580, dans celle du vinaigre.
Cependant, tous les membres de la famille ne connurent pas la même destinée. Plusieurs d’entre eux périrent lors de l’expédition tragique de l’Armada Invincible en 1588.
Au XVIIe siècle, la famille Basurto continua d’étendre ses activités maritimes. Juan Ortiz de Basurto investit dans la construction de grands baleiniers et galions pour la Carrera de Indias. Son fils Juan Ortiz et son neveu Cristóbal perpétuèrent l’héritage familial en armant des expéditions vers Terre-Neuve et en renforçant la présence basque sur les routes transocéaniques.
4Maison des Enbil : berceau d’une grande voix
Au début du XXe siècle, comme dans de nombreuses autres maisons de la région, le rez-de-chaussée de la maison de la famille Enbil abritait une fabrique de salage d’anchois. Toutefois, son véritable intérêt historique réside dans le fait qu’elle fut le lieu de naissance de la célèbre chanteuse de zarzuela Pepita Enbil (1918-1994).
Pendant la Guerre Civile espagnole, Pepita parcourut l’Europe au sein du prestigieux chœur Eresoinka. Entre 1940 et 1945, elle poursuivit sa carrière au Teatro Calderón de Madrid, où elle fonda, avec d’autres artistes, la compagnie “Ases Líricos”. En 1948, elle s’installa au Mexique avec son époux, le baryton Plácido Domingo Ferrer, et ensemble, ils créèrent une compagnie de zarzuela qui remporta un immense succès à travers toute l’Amérique.
De leur union naquit, en 1941, l’une des voix les plus acclamées de l’opéra mondial : le ténor Plácido Domingo Enbil.
5Maison du Capitaine Baltasar de Urquiola : un héritage marqué par la fortune et l’histoire
Ici s’élevait autrefois la maison du capitaine Baltasar de Urquiola, fils du général Antonio de Urquiola. Au milieu du XVIIe siècle, une série de transactions financières malheureuses le conduisirent à la ruine, et ses biens furent saisis. Parmi eux se trouvait un trésor convoité : le blason et les archives personnelles de Juan Sebastián Elcano, qui passèrent entre les mains de Pedro de Echave Asu.
Bien plus qu’un simple ensemble de documents, ces archives représentaient un symbole d’honneur et de prestige. Dès cette époque, Elcano était reconnu comme une figure historique majeure : le navigateur dont l’expertise permit d’achever avec succès le premier tour du monde.
6Maison Getaria : l’héritage naval du général Antonio de Urquiola
Ici se trouvait la résidence principale du général Antonio de Urquiola, connue sous le nom de "Guetaria". Il fut l’un des généraux les plus éminents au service de l’Armada de Philippe II durant les dernières années de son règne. Des documents attestent qu’en 1592, il commandait une escadre de galions, jouant un rôle clé dans la stratégie navale de l’époque.
Nommé Surintendant des Plantations et Constructions Navales, il lança un vaste programme de reboisement en chênes dans toute la province afin d’assurer l’approvisionnement en bois pour la construction navale. En 1598, il supervisa la construction de plusieurs galions dans le port de Pasaia, contribuant ainsi au renforcement de l’Armada espagnole.
7Maisons Gothiques : un trésor médiéval au cœur de Getaria
Cet ensemble de bâtiments palatiaux est l’un des vestiges médiévaux les mieux conservés du centre historique de Getaria, grâce à une récente restauration. Il constitue le dernier témoignage des palais qui ont valu à cette rue le surnom de “Torracalea” (rue des Tours), où résidaient d’éminents marchands et armateurs au Moyen Âge.
Leurs façades se distinguent par leurs arcs en plein cintre et, surtout, par la finesse de la décoration de leurs fenêtres jumelées, similaires à celles que l’on peut admirer sur la façade arrière du Zarautz Jauregia (rue Aldamar). De plus, les rangées de corbeaux visibles sur la façade soutenaient autrefois des structures en bois, probablement des galeries ou des balcons, aujourd’hui disparus, qui enrichissaient l’architecture originale.
8Maison «Segura» des Campos : un héritage d'innovation dans la pêche
Sur ce terrain se trouvait la maison dite «Segura», propriété du lignage des Campos, une famille d’entrepreneurs puissants ayant joué un rôle essentiel dans le développement capitaliste de la pêche au Gipuzkoa. Au XVIe siècle, ils investirent dans l’importation de nouveaux filets de pêche en provenance de Nice, destinés à permettre des captures massives pour approvisionner les industries de salaison et de marinade, qu’ils soutinrent également activement.
Les produits obtenus de cette pêche intensive étaient destinés aux marchés internationaux, ce qui contribua à la croissance du commerce maritime. Les bénéfices de cette activité d'exportation furent réinvestis dans la diversification de leurs affaires, notamment en finançant des expéditions baleinières, consolidant ainsi leur influence dans le secteur maritime et commercial de l’époque.
9Maison natale de Cristóbal Balenciaga : les origines d'une légende de la mode
Cristóbal Balenciaga, né à Getaria, est sans doute l'un des créateurs les plus révolutionnaires et influents de l'histoire de la haute couture. Sa modeste maison natale, située rue Aldamar, a été témoin des premières années de ce génie de la mode. Il était le fils de José Balenciaga Basurto et de Martina Eizagirre Enbil, couturière qui travaillait, entre autres, pour la famille Aldamar, les Marquises de Casa Torres, qui joueront un rôle essentiel dans les débuts de sa carrière.
La maison, typique des habitations de pêcheurs de la fin du XIXe siècle, est un bâtiment sobre construit en pierre, avec des fenêtres de petite taille et peu de décorations. Elle comprend un rez-de-chaussée et trois étages, et reflète la simplicité et la fonctionnalité des maisons traditionnelles de l'époque.
En 1907, Balenciaga quitte cette maison et s'installe à Saint-Sébastien, où il commence sa carrière dans la mode dans quelques-unes des maisons de couture les plus prestigieuses de la capitale basque.
Aujourd'hui, l'héritage de Balenciaga est célébré dans le proche Palais Aldamar, qui abrite un musée dédié à sa figure et à l'impact révolutionnaire qu'il a eu dans le monde de la mode, un hommage au génie créatif de l'un des plus grands maîtres de la couture.
10Maison numéro 16 de Kale Nagusia : témoin de la résistance et de la reconstruction de Getaria
La maison numéro 16 de Kale Nagusia, selon l'inscription au-dessus de sa porte, a été reconstruite en 1842, après la fin de la Première Guerre Carliste en 1839. Pendant ce conflit, en 1835, la ville de Getaria a été assiégée et systématiquement détruite par l'artillerie de siège carliste, qui s'est particulièrement acharnée sur cette rue dans le but de démoraliser et de terrifier la population civile.
Malgré la dévastation, le rez-de-chaussée de cette maison a survécu à la destruction et conserve encore certains traits de la belle maison qui se dressait ici avant la guerre, l'une des nombreuses résidences qui ornaient les rues de Getaria. Cette maison et sa reconstruction sont le reflet de la renaissance de la ville, qui s'est relevée de ses ruines pour donner naissance à la Getaria que nous connaissons aujourd'hui.
11Maison Pabloenecoa : un héritage d'exploration et de commerce
Ces deux tours adjacentes, situées dans la rue principale, forment, avec l'église voisine de San Salvador, un ensemble d'une grande valeur artistique et historique. Bien que les deux tours présentent des caractéristiques typiques de l'architecture gothique, telles que des portes en arc de cloche et des fenêtres ogivales et jumelées, les études archéologiques de la tour de Zarautz ont révélé que le bâtiment est le résultat d'agrandissements successifs d'une tour du XIVe siècle, dont une partie de la façade date en réalité du XVIIe siècle.
Les fouilles menées sur le site ont également mis en lumière un précieux gisement archéologique, conservant des traces de présence humaine du IIe siècle après J.-C. jusqu'au XXe siècle, ce qui a permis de reconstruire l'histoire de ce lieu, de l'époque romaine à nos jours.
12La Chapelle de la Pitié : Un coin charmant de Getaria
L’un des endroits les plus enchanteurs de Getaria est sans doute la chapelle située sous le maître-autel de l’église paroissiale de San Salvador, servant de crypte.
Présidée par une image du XVIe siècle de la Vierge de la Pitié, cette chapelle est visible à travers une arche grillagée placée au centre d’un tunnel que les habitants de Getaria appellent affectueusement Pia-Pia. À l’intérieur reposent les restes de Joaquín María de Barroeta-Aldamar et de son épouse.
N’oubliez pas de perpétuer la tradition en lançant une pièce à l’intérieur tout en formulant un vœu, que ce soit celui des touristes souhaitant revenir à Getaria ou celui des arrantzales espérant une bonne pêche. La Vierge de la Pitié a toujours été vénérée par les pêcheurs de Getaria, à tel point qu’un bateau de pêche porte son nom : Beti Piedad (Toujours Pitié).
13Ermitage de San Prudencio : Un site médiéval sur le chemin de Saint-Jacques
L'ermitage de San Prudencio est situé dans le quartier du même nom, sur une colline derrière le centre de Getaria, le long du tronçon côtier du chemin de Saint-Jacques reliant le centre du village au quartier d’Askizu. Bien que les premières mentions documentaires de l'ermitage remontent au XVe siècle, les fouilles archéologiques ont révélé son origine médiévale, ainsi que les vestiges d'une nécropole de cette époque.
D’une construction sobre et peu élevée, l’élément le plus remarquable est son portail ouvert sur la façade sud, abrité sous un portique en bois. Il s’agit d’une arche ogivale aux lignes gothiques, composée de larges claveaux, ornée d’une simple décoration rainurée et de rangées de points et cercles gravés. À l’intérieur, l’ermitage conserve des images de San Prudencio ainsi qu’une sculpture gothique de la Vierge à l’Enfant. La tradition attribue à une pierre située à la tête de l’ermitage des vertus miraculeuses, notamment pour soulager les maux de tête.
14Les fortifications modernes de Getaria
À l'époque moderne, Getaria s'est dotée d'un nouveau système défensif, plus vaste et plus robuste que l’enceinte médiévale. Parmi les éléments encore visibles aujourd'hui, on peut citer :
Muraille du front de mer : Construite dans le premier quart du XVIIe siècle, elle a réussi à repousser la tentative de débarquement français lors de la bataille de Getaria (23 août 1638, dans le cadre de la guerre de Trente Ans), contrecarrant ainsi les plans de Richelieu pour conquérir le Gipuzkoa.
"Tronpape" : Surnom donné à la Porte de la Mer fortifiée, située à l'extrémité ouest du front maritime. Construite à partir de 1567 sous le règne de Philippe II, elle comprenait une plateforme d'artillerie, un passage voûté à l’épreuve des bombes et une batterie de deux canons.
"Katrapona" : Une plateforme d’artillerie sur le flanc est des remparts. Les premières mentions historiques à son sujet datent de la première moitié du XVIe siècle.
Bastion : Probablement conçu par l'ingénieur militaire Antonio Gandolfo, sa construction a débuté après la bataille de Getaria en 1638 pour renforcer la défense maritime de la ville et du port, et s'est achevée durant la guerre de Dévolution (1667-1668). Aujourd’hui, l’escalier descendant au port depuis la place Katrapona repose sur ce bastion, dont la façade orientale et la moulure décorative dépassant de la ligne des remparts restent visibles.
15Front terrestre des remparts : vestiges de la défense historique de Getaria
La ceinture de remparts construite à Getaria à l’époque moderne avait pour objectif d’agrandir l’enceinte fortifiée et d’adapter ses défenses aux nouvelles techniques de siège. Elle comportait deux principales lignes : le front maritime, qui protégeait le port, et le front terrestre, parallèle au mont Garate et initialement précédé d’un fossé.
Bien qu’une grande partie du front terrestre ait été démolie à la fin du XIXe siècle, plusieurs éléments d’intérêt subsistent :
Un segment du mur de courtine, réutilisé comme mur latéral du fronton. L’élément le plus remarquable se trouve à l’arrière, face à la tour d’Aldamar, où l’on peut encore observer l’une des quatre portes de l’enceinte construite au début du XVIe siècle. À l’origine, cette muraille était dotée de deux tours circulaires situées à chaque extrémité.
Le bastion conçu par Antonio Gandolfo après la bataille de Getaria (1638) et achevé à la fin du XVIIe siècle. Il visait à renforcer des fortifications qui, dès le début du XVIIe siècle, s’avéraient insuffisantes face aux progrès de l’artillerie et à la menace représentée par la proximité du mont Garate, dont la position surélevée constituait un risque stratégique.
Le bastion fit ses preuves lors de divers conflits, notamment la Guerre du Roussillon (1794), la Guerre d’Indépendance (1808-1814), le siège carliste de 1835-1836 et la dernière Guerre carliste (1872-1876). Toutefois, depuis 1922, il a subi d’importantes transformations pour servir de base au monument dédié à Elkano, ce qui a altéré son apparence originale.
16Fort de Gárate : témoin des conflits historiques
Le fort de Gárate constituait le principal noyau de la ligne de fortifications construites par l'armée carliste pour assiéger Getaria pendant la dernière guerre carliste (1872-1876). Cette ligne s'étendait le long de la crête du mont Gárate, d'où les carlistes bombardèrent continuellement la ville.
Ce fort fut le théâtre d'événements marquants de la guerre. En 1874, deux navires de guerre allemands le bombardèrent en représailles à la capture d'une goélette allemande par les carlistes de Zarautz. Plus tard, en 1876, il fut pris d'assaut par l'armée libérale qui avait débarqué à Getaria. L'attaque amphibie menée depuis ce site marqua le début de l'offensive finale qui aboutit à la victoire libérale et à la fin du conflit.
Quelques années plus tard, en 1936, le fort fut de nouveau militarisé par l'armée franquiste lors de la guerre civile espagnole.
Aujourd’hui, le fort est bien conservé. On peut encore observer ses fossés, sa plateforme d'artillerie et la petite caserne pour les troupes, dont le toit fut renforcé en béton armé pendant la guerre civile.
17Ancien Quai : Le cœur maritime de Getaria
Pendant des siècles, le quai a été le moteur économique de Getaria. Le port naturel formé par le mont San Antón a favorisé les activités maritimes depuis l’époque romaine, mais dès les XIIIe et XIVe siècles, il s’avérait insuffisant. L’essor du commerce, du transport naval et de la pêche dans les eaux de Galice, des îles Britanniques et de l’Islande nécessitait des navires de plus en plus grands, rendant indispensable la construction de quais adaptés à cette expansion maritime.
Les travaux commencèrent au milieu du XVe siècle. Pour financer le projet, en 1452, le roi Jean II accorda à Getaria le droit de lever diverses taxes sur le commerce portuaire. Ces ressources permirent la construction d’un quai qui soutint l’économie locale pendant des siècles. Il était composé de deux éléments principaux : le quai proprement dit, abrité par l’île de San Antón, et la digue le reliant à la terre ferme, transformant la baie de Malkorbe en quai extérieur et faisant de San Antón une péninsule. Getaria devint ainsi le principal port refuge du Gipuzkoa, capable d’accueillir même des escadres de guerre. En 1638, la marine française tenta de s’emparer du port, mais son débarquement fut repoussé lors de la bataille de Getaria.
Depuis 1919, le quai a subi plusieurs agrandissements jusqu’à atteindre sa configuration actuelle. Cependant, des vestiges du quai primitif sont encore visibles, appuyés sur la pente du mont San Antón et partiellement transformés en rampe de mise à l’eau.
18Palais Romero-Echave-Asu : un exemple de néoclassicisme éclatant
Ce palais néoclassique frappant se distingue par son blason d'angle de la famille Asu. Au milieu du XVIIe siècle, Pedro de Echave Asu, capitaine de galions, géra les affaires de son oncle Juan Ramus de Asu à Séville, un des chevaliers les plus importants de la ville de Lima. Il hérita également des affaires développées par les Echave depuis le milieu du XVIe siècle, comprenant la construction de galions, des expéditions à Terre-Neuve et le commerce avec les Indes. En tant que descendant de Juan Sebastián Elcano, Pedro de Echave Asu marqua ce lien familial en 1671, en faisant installer une plaque commémorative en l'honneur de son illustre ancêtre dans l'église de San Salvador.
19Palais Indianokua : Un héritage baroque et une influence américaine
La richesse ornementale de ce palais témoigne de sa chronologie baroque et du pouvoir économique de ses propriétaires. Parmi ses éléments les plus remarquables figurent les ornements végétaux, tels que des paires de palmes couronnant le linteau de la porte, ainsi que les arcs en plein cintre des fenêtres du rez-de-chaussée. Les autres ouvertures sont particulièrement larges et donnent sur des balcons avec des grilles en fer forgé. Au dernier étage, deux platbandes délimitent l’espace, portant une inscription latine, tandis qu’au centre, un magnifique blason se distingue.
Le palais doit probablement son nom à Cristóbal de Basurto, propriétaire du terrain à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Il a vécu un certain temps au Mexique, où il a acquis une hacienda d’argent à San Luis de Potosí, l’un des principaux centres producteurs d’argent pour la Couronne espagnole. L'"Indien" est revenu à Getaria quelques années plus tard.
Cependant, lorsque le palais a pris sa forme actuelle, il appartenait déjà à la famille Echave Asu. En 1794, pendant la guerre de la Convention, l'un de ses membres, José Fernando Echave Asu y Romero, était député général de Gipuzkoa. Dans ce contexte, il a proclamé son soutien à la Convention révolutionnaire française, proposant la création d’une république satellite pour Gipuzkoa.
20Paroisse de San Martín de Askizu : Un témoignage du gothique rural du Gipuzkoa
La paroisse de San Martín de Askizu se situe dans le quartier rural d'Askizu, entourée de vignobles, sur la colline qui domine l'embouchure du fleuve Urola, le long du chemin côtier de Saint-Jacques-de-Compostelle qui relie le centre de la ville à Zumaia. Elle est considérée comme l'un des principaux exemples de l'architecture gothique rurale du Gipuzkoa et la première manifestation de ce style dans toute la province. Dans l'abside de l'église, on peut encore voir les vestiges de l'abside d'origine du XIIIe siècle, avec ses fenêtres jumelées caractéristiques du style gothique primitif. Les fouilles archéologiques menées sur le bâtiment ont confirmé que ces vestiges datent du XIIIe siècle.
L'église de San Martín, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été construite à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, et présente les caractéristiques du gothique tardif. Sa porte principale, en ogive, avec des archivoltes lisses et des décorations végétales simples, ainsi que les voûtes en ogive de sa seule nef, sont particulièrement remarquables.
Les travaux archéologiques ont également permis de découvrir une nécropole avec des tombes en dalles, situées à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de l'actuel temple, datant des XIe et XIVe siècles. Cependant, la découverte la plus significative est celle d'une chapelle funéraire taillée dans la roche de grès du sol, avec des tombes anthropomorphes également taillées dans la roche, datant du VIe siècle après J.-C. Ces vestiges constituent la plus ancienne trace documentée de temple et de sépultures chrétiennes découvertes à ce jour dans le Gipuzkoa.
21Résidence du Capitaine Martín de Mirubia : Une histoire d'entreprise et de patrimoine
L'une des deux filles du capitaine Martín de Mirubia, Doña Ángela Catalina de Mirubia, veuve en 1713 de Don Juan Nicolás de Cardón, un important marchand de Donostia d'origine flamande, entreprit une activité commerciale essentielle dans l'histoire de Gipuzkoa. Cette année-là, elle arma le dernier navire basque de pêche à la morue qui travailla dans les eaux de Terre-Neuve. Elle poursuivit les expéditions en Arctique à bord du baleinier hérité de son mari jusqu'à ce qu'il soit saisi par la Marine en 1718 pour la conquête de la Sicile, où il fut perdu lors de la bataille de Cabo Passaro. Cependant, en 1729, elle devint la première femme entrepreneuse à rééquiper un baleinier, lançant ainsi la relance de l'activité baleinière à Gipuzkoa.
Quant à l'église de San Martín, dans son état actuel, elle remonte à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, et présente des caractéristiques de l'architecture gothique tardive. La porte principale ogivale, avec des archivoltes lisses et de simples décorations végétales, ainsi que les voûtes ogivales de sa seule nef, sont particulièrement remarquables.
Les fouilles archéologiques récentes ont découvert une nécropole avec des tombes en ardoise, situées à l'extérieur et à l'intérieur du temple actuel, datées entre les XIe et XIVe siècles. Cependant, la découverte la plus importante a été une chapelle funéraire taillée dans le rocher de grès, avec des tombes anthropomorphes également creusées dans le rocher, datant du VIe siècle de notre ère. Cette découverte représente le vestige chrétien le plus ancien documenté à ce jour à Gipuzkoa.
22Tour Aldamar : Un témoignage du passé noble
La Tour Aldamar appartenait aux seigneurs d'Aldamar, liés à la lignée de la maison de Zarauz. Cette ancienne maison-tour était connue sous le nom de « La Atalaya » et fut reconstruite au début du XVIIe siècle pour devenir un vaste complexe palatial. En 1625, l'historien Lope Martínez de Isasti la décrivit de cette manière : « Elle est principale et ancienne, et ses propriétaires ont servi l'Empereur Charles V à Tunis et à d'autres occasions avec leurs navires… ».
Le manoir était adossé au mur de terre de Getaria et comprenait des vergers et diverses dépendances, dont un imposant entrepôt de céréales et d'autres produits. Ces produits étaient acquis grâce aux vastes revenus collectés par la famille Aldamar, ainsi qu'à travers leurs relations commerciales.
Aujourd'hui, le seul vestige de cet imposant complexe palatial est le bâtiment de la tour-entrepôt. La partie noble, adossée au mur, a été complètement détruite lors du siège et de l'attaque carliste subis par la ville en 1835-1836. Malgré les rénovations, la tour conserve ses murs en pierre de taille de grès, ainsi qu'une grande porte en arc de cercle donnant accès à l'entrepôt, couvert d'une imposante voûte.
23Tour de Don Miguel de Necolalde : Un bastion de l'histoire navale
Sur ce site se dressait la tour appartenant à Miguel de Necolalde. Né à Urretxu (Gipuzkoa), il occupa le poste de Contrôleur Général de la Marine pendant la première moitié du XVIIe siècle. À ce titre, il était responsable de la gestion financière et logistique des forces navales stationnées à la frontière stratégique du Gipuzkoa. En 1633, il fut à l'origine de la création de la Escuadra Real del Norte, une puissante force navale corsaire qui défierait le commerce maritime des Pays-Bas et de la France.
À partir de 1646, il se consacra à revitaliser l'industrie de la construction navale dans le Gipuzkoa, un secteur clé gravement affecté par la guerre franco-espagnole qui débuta en 1635.
24Tour de los Campos : Le berceau de l'activité de pêche
La Tour de los Campos se trouvait ici, maison de l'une des familles les plus puissantes de propriétaires de navires de pêche depuis les premières décennies du XVIe siècle. La famille Campos a créé une structure d'entreprise innovante et efficace qui a favorisé le développement capitaliste de l'industrie de la pêche.
Au début du XVIe siècle, ils ont acquis de grands filets de pêche et des filets pour la pêche des sardines et des anchois. De cette manière, ils ont développé l'industrie de la salaison de ces deux espèces, destinées à l'exportation vers la France et la région méditerranéenne.
À partir de 1580, la famille a introduit l'industrie du marinage du albur et, en particulier, du doré, exportant ces produits vers les grandes villes de l'intérieur de la péninsule ibérique.
25Arriaundi : un lieu légendaire et mystérieux
Arriaundi est le nom d'un site mythique situé sur la crête du mont Garate. Son nom, qui signifie littéralement "gros rocher", fait référence à un grand bloc de grès qui forme le stratum naturel de la zone. Ce rocher est associé à la légende selon laquelle l'on peut voir les empreintes des « amabirjinaren oinatzak » (les empreintes de la Vierge), laissées par la Vierge lors de son chemin vers Itziar.
Selon la légende, la Vierge a d'abord posé le pied sur ce rocher, puis sur l'emplacement où se trouve le sanctuaire de la Vierge d'Arritokieta à Zumaia, et enfin à Itziar. Cette légende est liée aux pétroglyphes visibles sur le rocher, qui comprend plusieurs cupules, certaines naturelles et d'autres artificielles, qui ont pu donner naissance au mythe des empreintes de la Vierge.
Le rocher sacralisé contient également diverses croix taillées, ce qui prouve qu'Arriaundi est un site sacré depuis des temps immémoriaux. De plus, dans ses environs se trouvent deux tumulus préhistoriques qui forment la station mégalithique d'Arriaundi, un témoignage de son importance historique et culturelle.
26Ermitage de Meagas : Histoire et Patrimoine
Le haut de Meagas est accessible depuis Zarautz, Zumaia et Aizarnazabal. L’ermitage actuel est une construction moderne, érigée en 1945, située à côté des écoles du quartier. Son autel en pierre de taille représente le Christ, la Vierge et Saint Isidore.
Chaque année, l’ermitage accueille des célébrations en l’honneur de Saint Isidore, saint patron du quartier, ainsi que la procession du dimanche des Rameaux. Depuis cet endroit, on peut accéder au quartier voisin d’Elkano et, en prenant la direction de Getaria, profiter de magnifiques vues sur la mer.